Comment l’hypnose peut contribuer à notre santé.

 

Questions/Réponses au sujet de l’hypnose.

L’efficacité d’une thérapie repose avant tout sur la motivation du patient, puis la qualité de la relation avec le thérapeute et en dernier critère sur les méthodes. 

Démystifier l’hypnose thérapeutique en quelques questions-réponses. Par Marie-Laurence Hercenberg Psychologue, hypnothérapeute :

“Il est important d’expliquer ce qu’est l’hypnose et ce qu’elle n’est pas, car il y a beaucoup de fantasmes à son sujet.

Ceci étant dit, cela reste un outil thérapeutique précieux, qui augmente souvent l’efficacité d’une thérapie ou d’un accompagnement en permettant de décrocher du mental analytique et en s’adressant au subconscient.”

 

Qu’est-ce que l’Hypnose thérapeutique ?

C’est un état de conscience modifié au cours duquel on focalise sur son intériorité et on se décentre de l’environnement extérieur.

On appelle aussi hypnose la méthode qui permet d’induire cet état. On est plus suggestible dans cet état là, mais l’hypnothérapeute ne peut pas néanmoins vous faire faire pour autant ce que votre morale condamne par exemple.

 

Cette méthode existe depuis très longtemps et a évolué au 20ème siècle avec Milton Erickson notamment, le plus célèbre des hypnothérapeutes.

 

 

Est-ce que l’on est endormi ?

Non, on ne dort pas on est dans un état plus ou moins profond qu’on appelle transe hypnotique, entre veille et sommeil. Comme lorsque l’on rêve éveillé.

 

Par exemple lorsque l’on est dans le train et que l’on regarde le paysage défiler à l’extérieur dans un espèce d’état de rêverie, on sait bien qu’on est dans le train, on est encore conscient mais différemment. On perd un peu la notion du temps et de l’espace.

 

La personne peut ne pas se souvenir, avoir une amnésie totale ou partielle de ce qui s’est passé dans la séance, mais c’est rare.

Pendant une séance, vous entendez la voix de l’hypnothérapeute et vous pouvez continuer à lui parler.

 

 

Je risque de ne jamais me réveiller ?

Non impossible, puisque déjà on ne dort pas. Cela ne s’est jamais vu. Par contre, il est important de prendre le temps de retrouver son état de vigilance normal à la fin de la séance, surtout si la personne doit conduire après par exemple.

 

 

L’hypnose fait changer à notre insu ?

Eh non ! L’hypnose ne marchera que si vous le voulez. C’est votre motivation à changer qui compte le plus. Cet état de conscience modifié n’est utile qu’en ce qu’elle favorise le contact avec le subconscient, avec nos émotions et sensations corporelles.

 

Lorsque l’on n’a pas trop d’appréhension, on peut lâcher un peu le contrôle du mental. Donc ne pas s’en faire une montagne ni avoir trop d’attente. Il y a beaucoup de fantasmes infondés autour de ce terme hypnose.

 

L’état est très proche de celui obtenu par la méditation de pleine conscience, de la sophrologie, la relaxation ou de toute pratique qui permet d’être dans cet état de conscience modifié, qui est un état qu’on connaît aussi naturellement sans rien faire de particulier.

 

Après, le thérapeute peut faire différentes suggestions que vous acceptez ou non.

Vous êtes libre de les intégrer ou non. Mais c’est vrai que vous êtes tout de même plus influençable dans cet état-là. Ceci dit, de la suggestion il y en a tout le temps, même avec le médecin.

 

L’effet placebo repose en partie là-dessus. Le médecin vous dit ce médicament va marcher pour vous et vous y croyez. Vous ne vous en rendez pas compte, mais c’est une forme d’hypnose conversationnelle. Arrêtons de nous faire peur avec ce mot hypnose, qui fascine en même temps.

 

Est-ce que tout le monde peut être hypnotisé ?

Oui, mais comme tout le monde peut aller chez le dentiste, si vous refusez d’ouvrir la bouche, le meilleur dentiste du monde ne peut rien faire. Si vous avez trop peur de « lâcher prise » vous pouvez résister et contrôler de telle façon qu’il ne se passera rien de spécial.

Certaines personnes plus confiantes et plus habituées à cet état de rêverie seront donc plus aptes à profiter de cet outil que d’autres.

 

Tout le monde est suggestible, mais plus ou moins, selon que l’on est plus ou moins dans le contrôle et que l’on a un imaginaire fertile et une capacité à visualiser facilement.

 

Mais vous pouvez vous détendre, a priori vous vous ne risquez pas grand-chose (sauf dans certains cas exceptionnels, si vous souffrez de troubles psychiques graves, et encore… cf contre-indications plus loin) !

 

 

Quelle sensation éprouve-t-on lorsqu’on est hypnotisé ?

C’est difficile à décrire. Cela va du léger vertige à l’impression de flotter ou au contraire une forme de lourdeur dans le corps, un engourdissement qui évoque le fait de s’en aller, tout en étant conscient du voyage et surtout, en sachant que vous pouvez en sortir quand vous le voulez.

 

 

Pour quels problèmes l’hypnose peut-elle être efficace ?

Cela va de la relaxation pour diminuer l’anxiété, , retrouver un bon sommeil, maigrir, se motiver, guérir de ses phobies, dépasser des souvenirs traumatiques, arrêter le tabac, la préparation à l’accouchement, l’analgésie…

 

En réalité l’hypnose peut permettre de travailler sur de très nombreux problèmes psychiques ou psycho-somatiques, avec cependant quelques contre-indications (avec les psychoses, et, au moins au début, les abus sexuels graves au cours desquels les patients ont déjà vécu un état d’hypnose mais négative celle-là, en étant sous l’emprise de l’agresseur).

 

C’est au cas par cas. D’où l’importance que l’accompagnant ait des compétences et expériences en thérapie et une connaissance du mécanisme de la dissociation traumatique (une forme de clivage corps-esprit où l’on se coupe de parties de soi pour se protéger en cas d’événement vécu comme traumatique).

 

Et, il ne faut pas s’illusionner en ce qui concerne les addictions (alcool, sucre, cannabis…), leur guérison est souvent l’un des objectifs les plus difficiles à atteindre en thérapie.

 

En fait, j’utilise l’hypnose comme une technique de mise en état de conscience modifié et j’adapte le contenu aux besoins de la personne. A l’intérieur de la séance, le spectre de ce qui est proposé peut être très large : cela peut être une simple relaxation-détente-ressourcement avec un lieu ressource.

Un travail de régression dans le passé pour « réparer » une situation qui s’est mal passée et traverser les émotions difficiles restées enkystées, une visualisation positive du futur, un travail comportemental sur une phobie, un travail sur l’arbre générationnel pour s’adresser à des membres de sa famille, etc…

 

 

 

Combien de séances sont nécessaires ?

C’est l’une des questions les plus fréquentes. Il est pourtant, bien entendu, impossible d’y répondre, puisque chacun est différent et que c’est la personne qui se transforme, pas le thérapeute qui la change.

Le thérapeute l’accompagne de son mieux. On peut faire quelques séances d’essai et voir comment cela se passe et décider de continuer ou non ou d’utiliser d’autres façons de travailler.

 

Pour un problème très ponctuel et un symptôme vraiment isolé (préparation en vue d’un examen, certaines phobies et encore pas toutes, l’arrêt du tabac,…) une ou quelques séances peuvent parfois suffire.

 

Pour un travail thérapeutique de fond, il est évident qu’il faut compter plusieurs séances, un travail de quelques mois, voire quelques années, selon la gravité des troubles.

 

Il y a une accélération générale des rythmes dans la société actuelle. Cela représente un vrai problème pour la thérapie. Le temps psychique n’a rien à voir avec le temps chronologique.

Bien que je vise l’efficacité, il y a un temps nécessaire pour tout travail thérapeutique digne de ce nom. A vouloir aller trop vite, on peut faire violence.

 

On constate aussi souvent un refus de s’engager dans la durée, dans la relation thérapeutique comme ailleurs.

 

Alors que je crois vraiment que seule la relation de confiance qui répare dans un bon lien là où on a été blessé dans nos premiers liens peut vraiment apporter les changements souhaités. 

Ceci étant dit, je pratique des thérapies « relativement » brèves. A la question des personnes qui ont souvent essayé d’autres formes de thérapie,

 

 

« Est-ce que cela va marcher sur moi » ?

Je répondrais qu’il y a une idée reçue bien ancrée qui consiste à penser l’hypnose comme une baguette magique pour faire disparaître ce que l’on considère comme un symptôme invalidant, même si les personnes n’utilisent pas ce terme.

 

Cela correspond aux attentes de notre société de l’immédiateté et de la faible tolérance à la frustration. On voudrait que l’hypnothérapeute, comme le chirurgien qui opère, nous enlève notre problème sans que l’on n’ait rien à faire, sans effort et surtout sans douleur, en une ou deux fois.

 

C’est du pur fantasme ! Et cela correspond une position très infantile, déresponsabilisante face à un thérapeute-parent que l’on considère comme tout-puissant, un peu la position que l’on a parfois face au médecin.

 

Si l’on cherche à éviter un travail thérapeutique en profondeur dont on a besoin pour des troubles qui s’ancrent toujours dans l’enfance et généralement aussi dans les lignées transgénérationnelles, cela ne fonctionnera pas.

Cela peut apaiser momentanément mais ne réglera pas les problèmes de fond.

 

 

L’hypnose n’est pas une baguette magique, même si la croyance positive du patient joue un rôle favorable et que l’on est parfois surpris de l’effet positif de quelques séances, sans toujours savoir exactement ce qui a fonctionné.

 

Il est vrai que les premières séances procurent souvent un mieux-être immédiat, mais pas la guérison de notre comportement boulimique, par exemple, lié à des troubles affectifs et/ou des traumatismes précoces ou chroniques en quelques séances, comme on me l’a parfois demandé.

 

J’ai aussi déjà entendu dire d’une personne « mais faites moi comme ce que j’ai vu à la TV ». A qui j’ai répondu « Mais je ne souhaite pas faire ça ». L’hypnose de spectacle, c’est autre chose.

 

L’hypnothérapeute n’est pas tout-puissant, heureusement ! Mais les médias qui adorent le sensationnel et les hypnotiseurs de spectacle font croire à son côté magique. C’est plutôt dommageable pour les thérapeutes sérieux qui pratiquent l’hypnose.

 

En effet, les personnes qui viennent avec une demande spécifique d’hypnose, avec ce type d’attentes démesurées sont généralement déçues, même si l’on a pris soin d’expliquer ce que l’hypnose est et n’est pas.

Car la part infantile chez nous qui croit encore à la pensée magique et à la toute-puissance parentale continue à vouloir y croire malgré tout.

 

Et c’est dommage, quand la personne est déçue par rapport à ses attentes infondées, parfois elle arrête le suivi à ce moment-là, après 1 ou 2 séances.

 

Elle passe alors à côté de ce que cet outil et la relation au thérapeute aurait pu lui apporter avec plus de temps. Et c’est un peu frustrant pour le thérapeute aussi. Mes confrères et consœurs, avec qui j’en discute, font tous ce même constat et le déplore.

 

De plus, vouloir faire disparaître un symptôme, qui est un message du corps et de l’esprit, une partie de nous qui cherche à s’exprimer parfois coûte que coûte n’est pas toujours souhaitable, voir parfois inefficace, voire contre-indiqué.

 

C’est la raison pour laquelle, à mon avis, il est conseillé de consulter un vrai thérapeute, qu’il soit psychologue, psychiatre ou psychothérapeute ou encore psychopraticien.

 

C’est important je pense qu’il ait été formé à la psychopathologie (l’étude des troubles psychiques), qu’il ait de l’expérience et ait véritablement bien travaillé sur lui.

Afin qu’il sache notamment gérer l’émergence d’un état émotionnel important, par exemple une décompensation dépressive, lors d’une séance d’hypnose.

 

 

l’hypnose est profonde, meilleurs sont les résultats ?

Non, la profondeur hypnotique est agréable, mais n’a pas de rapport avec l’efficacité. Mais il faut quand même que vous soyez dans une transe hypnotique. En réalité mes patients sont rarement dans une transe profonde.

 

 

Puis-je retrouver des souvenirs enfouis pendant une séance d’hypnose ?

Oui cela arrive, mais on ne peut pas le garantir ni le commander. C’est vrai que l’hypnose facilite la régression dans le passé.

 

Mais si le couvercle a été mis depuis longtemps sur toute une partie de notre enfance pour protéger notre psychisme, car on a vécu des événements traumatiques, il faut souvent pas mal de temps pour que l’amnésie (un mécanisme de défense protecteur) se lève.

 

Texte de Marie Laurence Hercenberg.

 

Bibliographie :

“Hypnose et Santé : Thérapie hors du commun”de Claude Bernat (Auteur)

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